Savez-vous ce qu’est « la nomophobie » ? Non ? Et bien ce n’est rien d’autre que la contraction de « no-mobile-phone-phobia » qui traduit tout simplement la peur d’être séparé de son téléphone portable ou de ne pas l’avoir constamment à portée de main.
Certes il y a ici, un abus de langage, car cette maladie aurait dû s’appeler « nomophophobie », mais comme vous avez pu le constater, c’est quelque peu indigeste et ça fait bègue. (N’en déplaise à la Miss France éponyme).
Si comme moi, vous vous reconnaissez dans la description ci-dessus ne paniquez pas : cette pathologie se soigne. En effet, des médecins avec des lunettes (donc très intelligents) ont été chargés de trouver un remède qui pourra nous guérir totalement de cette angoisse chronique.
Le secret réside dans le plus profond respect du protocole suivant :
Etape 1 : Appelez votre opérateur téléphonique et résiliez votre abonnement.
Etape 2 : Donnez ou vendez votre téléphone à un proche ou à une connaissance.
Aussi efficace que puisse paraître ce traitement, il semble évident qu’il ne conviendra pas à tout le monde pour la simple et bonne raison que le téléphone portable est devenu un outil indispensable pour tout businessman de la génération 2.0 qui se respecte.
C’est la raison pour laquelle la très sérieuse et réputée OSMMT « organisation pour sauver le monde des méchantes technologies » a demandé à d’autres médecins, sans lunettes cette fois, (donc plus guidés par leur hémisphère droit, celui de l’imagination) de livrer THE antidote, parce que là, on n’en peut décidément plus.
Les résultats ne se sont pas faits attendre, et je vous les retranscrits en substance :
Etape 1 : Supprimer ou désactiver pour 5 mois son compte Facebook.
Etape 2 : Idem avec le compte Twitter ou Google+.
Etape 3 : Dire gentiment à ses amis qu’on ne sera pas joignable jusqu’aux prochaines vacances.
Et effectivement, ça fonctionne! Vu que votre téléphone ne sonne plus, vous en viendrez vous-mêmes à le jeter ou à l’oublier sur un coin de votre bureau au point qu’il se transformera au fil des jours en un bibelot antique que vous pourrez revendre à un brocanteur pour un joli pécule.

Plus sérieusement maintenant, il y a lieu de noter qu’après l’incontournable téléphone portable et les réseaux sociaux qui vont avec, il existe une deuxième addiction, d’autant plus pernicieuse celle-ci, qu’elle vous fait croire que vous apprenez l’anglais pendant que vous vous y adonnez, j’ai bien sûr nommé : « les séries américaines ».
Jack Bauer parviendra-t-il à sauver le monde en 24h Chrono? Les attachants génies de Big Bang Theory arriveront-ils à révolutionner le monde? Allons-nous enfin découvrir comment Ted a rencontré leur mère?
Autant de questions qui passionnent nos contemporains post-CPE. Mais comment expliquer ce phénomène en vogue depuis le début des années 2000 ?
La dépendance aux séries est un mal extrêmement corrosif car il ronge de l’intérieur et influe sur le caractère des personnes assujetties. N’avez-vous jamais entendu de phrases du type : « Ne divulgue pas la fin de tel épisode à haute voix sinon je te tue ! » ou « je n’ai pas encore vu la saison 4 de telle série, si quelqu’un en parle, inutile qu’il essaye de m’adresser la parole à nouveau ! » ? Il semble important de prendre ces menaces en considération car il est souvent arrivé que de très longues et en apparence solides amitiés se brisent pour des histoires d’intrigue révélée et par conséquent de jubilation de la découverte gâchée.
Posons-nous donc la question de ce qui peut rendre « addict » dans une série américaine ? Bien évidemment le suspens et la sympathie qu’on éprouve à l’égard des personnages, mais quel est le facteur essentiel dans la réussite ou l’échec de ce type de production ?
Si je connaissais l’ingrédient secret, il est fort probable que je ne serai pas là, en train d’écrire cet article mais plutôt en plein tournage d’une nouvelle série révolutionnaire. Néanmoins, on peut identifier certains éléments nécessaires, mais pas suffisants, au succès d’une série et les voici :
- Un titre qui CLAQUE : « 24h Chrono » – « LOST » – HEROES » etc…
- Un concept génial, du jamais vu, de l’extraordinaire.
- Une histoire intéressante, passionnante, envoutante, émouvante voire éprouvante.
- Des personnages charismatiques (type Barney dans « How I met your mother »), atypiques, attachants et sincères dans leur jeu d’acteur.

- Un ou plusieurs méchants /ennemis du personnage principal (Dexter).
- Un personnage central de signe astral gémeaux : compliqué, aux multiples facettes, surprenant, imprévisible et à la morale flexible (Mad Men).
- Des jolies filles et de beaux garçons (même dans « Ugly Betty », les seconds rôles étaient triés sur le volet)
- Et pour terminer : un budget marketing colossal pour inonder les médias et créer le buzz autour de la série-évènement !
A nouveau ici, je vais tenter de retranscrire les recherches de remèdes et leurs aboutissements. D’un coté, nous trouvons les radicaux représentés par le fantasque Jean-Luc Lémenchon, qui prônent l’arrêt définitif de ce qu’ils qualifient de télé « MacWorld » en décrétant un embargo implacable sur les séries américaines au profit d’Hélène et les garçons ou de Navarro. A l’extrême opposé, nous entendons les propos d’une certaine Marine Pe Len, qui soumet l’idée originale, mais pour le moins saugrenue, d’obtenir un baril de pétrole gratuit de la part du pays importateur de la série pour chaque téléspectateur d’une adaptation en Version Française (VF) ce qui compenserait je cite : « l’abrutissement causé par le ramassis de poncifs éculés en provenance d’outre-Atlantique ».
Enfin, au centre, se distingue par son manque de prise de parti, le Medom, dirigé par le moyennement célèbre François Raybou, qui propose de n’accepter que la moitié des séries et d’offrir seulement un demi-baril de pétrole par amateur.
Il faut prendre très au sérieux cet avertissement car selon un sondage Aegis Media France, 89% des 7-12 ans surfent sur Internet chaque semaine. Notre addiction aux nouvelles technologies se construit donc dès notre plus jeune âge.

A vous maintenant, que vous soyez X ou Y, de prendre la décision d’être un soumis heureux ou un rebelle malheureux.
Dan HAYOUN
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